le CV de montfort
LE "CURRICULUM VITAE" DU PÈRE DE MONTFORT
Père de Montfort nous allons vous demander de
nous présenter votre « Curriculum Vitae !
Nom, prénom, adresse ?
Je m’appelle Louis Grignion et j’ai vécu sous Louis XIV qui régna de 1643 à 1715 ; je suis né le 31 janvier 1673 et je suis mort à 43 ans le 28 avril 1716. Pour mieux me situer encore, sachez que j’ai été ordonné prêtre le 5 juin 1700, il y a donc trois siècle. La France de l’époque était épuisée par des guerres incessantes auxquelles se sont ajoutées des conditions climatiques et des épidémies mémorables qui ont engendré une misère et une pauvreté omniprésente. Dans le domaine religieux, le gallicanisme et le jansénisme créaient des tensions importantes chez les chrétiens.
Quelles furent les grandes étapes de votre vie ?
Breton d’origine, mon enfance se déroule à Montfort la Canne à l’ouest de Rennes, ville dans laquelle j’ai fréquenté le collège des Jésuites.
Le séminaire de Saint-Sulpice m’attire à Paris, j’y serai formé jusqu’à mon ordination en juin 1700, je n’exercerai mon sacerdoce que pendant16 ans, jusqu’à ma mort en 1716.
De 1700 à 1705, sans vraiment discerner l’avenir auquel j’étais appelé, j’eu de nombreuses activités pastorales à Nantes, à Poitiers, à Paris et de nouveau à Poitiers.
En 1706, pour y voir clair, je suis allé demander au Pape Clément XI de m’envoyer convertir les infidèles dans le grand nord canadien, il préféra me donner un service d’Eglise en France, celui de « missionnaire apostolique ».
Les dix dernières années de ma vie m’ont vu sillonner l’ouest de la France, de paroisses en paroisses, pour prêcher 72 missions.
Revenons à votre petite enfance ?
Second d’une famille de 18 enfants, je perds 8 de mes frères et sœurs avant qu’ils n’ aient atteint l’âge de 10 ans. Mes parents issus de la bonne bourgeoisie de Montfort La Canne « étaient très peu accommodés des biens de la fortune ». La profession de notaire et d’avocat était courante dans ma famille. À 11 ans, je suis parti pour Rennes où je découvre une société imprégnée de libertinage, de rationalisme, de l’esprit philosophique. J ’y découvre heureusement les fruits du renouveau spirituel de « l’école française ». La solide éducation des « Fils de saint Ignace » forge mon caractère, épanouit mon affection naturelle envers Marie, me conduit vers les pauvres et les mendiants. J’avais un physique d’athlète, un appétit pantagruélique et les amis disaient de moi : » Si Dieu l’eut destiné pour le monde, il aurait été le plus terrible des hommes de son siècle ».
Par amour pour la Sainte Vierge, j’ai ajouté à mon nom de Louis, celui de Marie et à Grignion celui de Montfort, en hommage envers l’église de mon baptême ; c’est la raison pour laquelle on me nomme aujourd’hui : saint Louis Marie Grignion de Montfort. Adolescent je développe mon attirance vers la prière, la pénitence et la mortification. Très rapidement j’entends et je donne une réponse positive à un appel intérieur pour devenir prêtre.
Comment votre vie de séminariste s’est-elle déroulée ?
C’est à ma manière que j’ai voulu exprimer mon oui à Jésus-Christ ! C’est à dire sans nuance, en effet ma vie a basculée pour se détacher totalement : « sans père, sans mère, sans frères sans sœurs, sans biens, sans maison, dépouillé de tout ». C’est ainsi qu’au cours de l’hiver 1693, je quitte famille et amis ; sans me retourner je me rends à pied de Rennes à Paris (je n’en reviendrai que 12 ans plus tard). Au premier pauvre rencontré, j’offre les dix écus donnés par mon père ; au deuxième pauvre, je donne les habits neufs confectionnés par ma mère, puis j’échange mes propres habits avec ceux d’un clochard. C’est en haillons, mais libre et heureux, que je finis par arriver dans un Paris rongé par la misère.
Un séminaire pour garçons pauvres remplace pour moi celui de Saint-Sulpice que je ne rejoindrai que deux ans plus tard. L’obéissance à mes supérieurs est ma compagne de chaque instant, mais je ne parviens pas à dissimuler mes excès de mortification et ma très grande originalité. La nuit il me faut veiller les morts pour gagner un modeste pécule destiné à ma pension. On me charge de la bibliothèque du séminaire où je « dévore » à peu près tout ce qui a pu être écrit sur la Sainte Vierge, en particulier les ouvrages du cardinal de Bérulle et ceux des maîtres de « l’école française » ; les uns et les autres mettent en valeur l’Incarnation et le rôle de Jésus vivant en Marie. Enfin, à l’age de 27 ans, c’est à l’autel actuel de la Sainte Vierge en l’église saint Sulpice dont on terminait la construction que je célèbre ma première messe le 5 juin 1700. « On eut dit un ange à l’autel» ont rapporté ceux qui assistaient à cette messe.
Vos cinq premières années de prêtrise ?
Après quelques tentatives de ministère paroissial à Nantes, je fus repris par mon désir de servir les pauvres : à l’hôpital général de Poitiers d’abord, puis à la Salpetrière à Paris et enfin, réclamé par les pauvres de Poitiers, je me suis remis à leur service. C’est alors que j’ai rencontré Marie Louise Trichet et qu’ensemble nous avons posé les premiers fondements de l’ordre des « sœurs de la Sagesse »,
Quelques missions prêchées dans les faubourgs de Poitiers m’ont attiré des jalousies de la part d’autres prêtres. Cela a conduit l’évêque à me demander de prendre le large… C’est alors que j’ai pris la décision d’aller à pied à Rome confier mon avenir au Pape, j’ai pu le rencontrer personnellement. Il me nomma « missionnaire apostolique », par une phrase claire et exigeante : « Vous avez, Monsieur,( terme réservé aux sulpiciens) un assez grand champ en France, pour exercer votre zèle ; n’allez point ailleurs, et travaillez toujours avec une parfaite soumission aux évêques dans les diocèses desquels vous serez appelé : Dieu par ce moyen en donnera bénédiction à vos travaux.
Il ne vous reste plus que dix ans à vivre …
À mon retour de Rome, je vais faire une retraite au mont Saint Michel, puis je m’intègre à une équipe de prêtres pour prêcher une mission à Montfort la Canne et dans la région. C’est la première fois que je revois mes parents et ma famille et dans quelles conditions ! Imaginez leur surprise de me voir arriver pour un déjeuner intime à la maison, accompagné de la foule de tous mes amis clochards, pauvres en haillons et « traîne-savates »…Pendant un an, je reste sédentaire dans un ancien prieuré à deux pas de Montfort avec deux Frères, nous prions et enseignons le catéchisme.
Le désir me prend d’aller prêcher dans la région de Nantes. C’est le début de toutes les grandes missions que je ne cesserai plus de donner jusqu’à ma mort. Je peux enfin mettre en pratique tout ce que j’ai appris et découvert :: réaffirmer les promesses faites au baptême, aller à Jésus par Marie, traduire en catéchèse les cantiques populaires (j’en ai composé autant que de kms à pied , soit 25 000 …), Ériger des calvaires, constituer des confréries mariales, créer des écoles pour enfants pauvres, brûler les mauvais livres, etc... Avant tout, je me suis donné comme ligne de conduite l’obéissance aux évêques comme me l’avait demandé le Pape : on me chassait souvent parce que je dérangeais ! je partais alors dans la paroisse ou le diocèse d’à côté, sans discuter. Une des brimades les plus pénibles à accepter fut la démolition du calvaire de Pontchâteau auquel j’avais travaillé avec 800 personnes pendant un an …
Au hasard de mes « expulsions » j’ai fini par me retrouver sur les terres de l’évêque de La Rochelle qui m’a fort bien accueilli dans sa rérégion Mes missions d’une durée de trois semaines chacune m’ont permis de « labourer » spirituellement une bonne parie de l’ouest de la FrFrance
N’avez-vous pas éprouvé une grande solitude tout au long de votre apostolat ?
Je dois reconnaître que j’en ai souffert toute ma vie de prêtre ! Dès le début de mon sacerdoce, j’ai rêvé de fonder un groupe de prédicateurs, dont j’ai précisé le profil dans « la prière embrasée ». Toutes les tentatives sont « tombées à l’eau » . Dans les dernières années de ma vie, je suis même parti pour Paris à pied, puis à Rouen pour rencontrer certains de mes meilleurs amis, persuadé qu’ils comprendraient l’urgence de constituer un groupe de gens prêts à tout risquer pour le Christ. Mais à part le Père mulot rencontré en 1715, j’ai dû accepter que ma prière ne soit pas entendue de mon vivant ni par mes amis, ni par le ciel !.
Totalement épuisé physiquement, je suis arrivé à Saint Laurent sur Sèvre en avril 1716 pour prêcher ma dernière retraite, c’est là que j’ai rendu mon âme à Dieu et que je suis enterré. L’église m’a béatifié en 1888 et Pie XII m’a déclaré saint en 1947.
Fondateur d’ordres ?
Trois ordres se réclament de moi :
- LA COMPAGNIE DE MARIE », dont les membres sont couramment appelés les « missionnaires Montfortains.».
Leur mission dans l'église consiste à révéler le mystère du salut à ceux qui ne le connaissent pas, à le faire redécouvrir et approfondir par ceux qui ont déjà entendu la Bonne Nouvelle dans une prise de conscience renouvelée du sens de leur engagement baptismal."
La Constitution précise que "Le caractère marial » de la Compagnie est un bien essentiel de la congrégation et Marie n'est pas présente de façon accidentelle dans la vie des missionnaires : la dévotion envers elle est partie intégrante de leur vie spirituelle et de leur apostolat. La « parfaite consécration » à Jésus par Marie est l'acte le plus marquant du caractère marial de leur inspiration."
Aujourd'hui la congrégation compte presque 1100 prêtres et frères coadjuteurs, qui poursuivent leur mission dans une trentaine de pays.
- Les « FILLES DE LA SAGESSE », co-fondées par moi-même et par Marie Louise de Jésus (M.L.Trichet). Cette congrégation est principalement hospitalière et enseignante.
-
- Les « FRÈRES DE SAINT GABRIEL »
Après la Révolution française, le Père Gabriel Deshayes, alors qu’il était Supérieur Général de la « Compagnie de Marie » (les Montfortains), donna corps à un groupe de Frères enseignants, avec lesquels il collaborait. Il les constitua en Congrégation religieuse séparée, mais totalement inspirée par la spiritualité et les idéaux de St. Louis Marie de Montfort.
Les grandes lignes de votre spiritualité ?
Au centre de notre foi il y a le Christ ressuscité qui est « la Sagesse incarnée », Cette « Sagesse » adopte chaque baptisé par un sacrement qui est le centre et la référence de tous nos engagements ultérieurs. Pour cette raison, mes missions s’articuleront principalement sur le renouvellement des promesses de notre baptême. Ma première prédication est « DIEU SEUL »
- Dieu a voulu que « la Sagesse» s’incarne et soit donnée au monde par l’intermédiaire de Marie. En retour, Dieu veut que l’homme rejoigne la « Sagesse » en passant par Marie. Ma deuxième prédication est « À JESUS PAR MARIE ».
- Le passage de l’évangile qui confirme cette certitude se passe au calvaire : le don que le Christ fait de sa Mère à saint Jean et le don de saint Jean à sa Mère. Il s’agit de son testament ultime.
- De façon très simple, pour bien comprendre le rôle de Marie envers chaque homme, je raconte à mes clochards l’histoire suivante :» un modeste manant, amoureux de son roi très célèbre et très puissant, voulait absolument lui offrir une simple pomme de son jardin. Très craintif, il ne savait pas comment y parvenir jusqu’au jour où il confia le fruit à la Reine très populaire et proche de tous ; elle pourrait en effet devenir la meilleure intermédiaire qu’il puisse trouver. Rien que par amour pour son épouse, le roi éprouva une joie immense en recevant cette pomme de ses mains. Ainsi agit Marie pour nous envers le Christ.
- Vivre en vérité, ce compagnonnage avec Marie repose sur la connaissance d’un grand secret, je le propose à ceux qui le désirent dans « le traité de la vraie dévotion à Marie »
Quelles furent les grandes étapes de votre vie ?
Breton d’origine, mon enfance se déroule à Montfort la Canne à l’ouest de Rennes, ville dans laquelle j’ai fréquenté le collège des Jésuites.
Le séminaire de Saint-Sulpice m’attire à Paris, j’y serai formé jusqu’à mon ordination en juin 1700, je n’exercerai mon sacerdoce que pendant16 ans, jusqu’à ma mort en 1716.
De 1700 à 1705, sans vraiment discerner l’avenir auquel j’étais appelé, j’eu de nombreuses activités pastorales à Nantes, à Poitiers, à Paris et de nouveau à Poitiers.
En 1706, pour y voir clair, je suis allé demander au Pape Clément XI de m’envoyer convertir les infidèles dans le grand nord canadien, il préféra me donner un service d’Eglise en France, celui de « missionnaire apostolique ».
Les dix dernières années de ma vie m’ont vu sillonner l’ouest de la France, de paroisses en paroisses, pour prêcher 72 missions.
Revenons à votre petite enfance ?
Second d’une famille de 18 enfants, je perds 8 de mes frères et sœurs avant qu’ils n’ aient atteint l’âge de 10 ans. Mes parents issus de la bonne bourgeoisie de Montfort La Canne « étaient très peu accommodés des biens de la fortune ». La profession de notaire et d’avocat était courante dans ma famille. À 11 ans, je suis parti pour Rennes où je découvre une société imprégnée de libertinage, de rationalisme, de l’esprit philosophique. J ’y découvre heureusement les fruits du renouveau spirituel de « l’école française ». La solide éducation des « Fils de saint Ignace » forge mon caractère, épanouit mon affection naturelle envers Marie, me conduit vers les pauvres et les mendiants. J’avais un physique d’athlète, un appétit pantagruélique et les amis disaient de moi : » Si Dieu l’eut destiné pour le monde, il aurait été le plus terrible des hommes de son siècle ».
Par amour pour la Sainte Vierge, j’ai ajouté à mon nom de Louis, celui de Marie et à Grignion celui de Montfort, en hommage envers l’église de mon baptême ; c’est la raison pour laquelle on me nomme aujourd’hui : saint Louis Marie Grignion de Montfort. Adolescent je développe mon attirance vers la prière, la pénitence et la mortification. Très rapidement j’entends et je donne une réponse positive à un appel intérieur pour devenir prêtre.
Comment votre vie de séminariste s’est-elle déroulée ?
C’est à ma manière que j’ai voulu exprimer mon oui à Jésus-Christ ! C’est à dire sans nuance, en effet ma vie a basculée pour se détacher totalement : « sans père, sans mère, sans frères sans sœurs, sans biens, sans maison, dépouillé de tout ». C’est ainsi qu’au cours de l’hiver 1693, je quitte famille et amis ; sans me retourner je me rends à pied de Rennes à Paris (je n’en reviendrai que 12 ans plus tard). Au premier pauvre rencontré, j’offre les dix écus donnés par mon père ; au deuxième pauvre, je donne les habits neufs confectionnés par ma mère, puis j’échange mes propres habits avec ceux d’un clochard. C’est en haillons, mais libre et heureux, que je finis par arriver dans un Paris rongé par la misère.
Un séminaire pour garçons pauvres remplace pour moi celui de Saint-Sulpice que je ne rejoindrai que deux ans plus tard. L’obéissance à mes supérieurs est ma compagne de chaque instant, mais je ne parviens pas à dissimuler mes excès de mortification et ma très grande originalité. La nuit il me faut veiller les morts pour gagner un modeste pécule destiné à ma pension. On me charge de la bibliothèque du séminaire où je « dévore » à peu près tout ce qui a pu être écrit sur la Sainte Vierge, en particulier les ouvrages du cardinal de Bérulle et ceux des maîtres de « l’école française » ; les uns et les autres mettent en valeur l’Incarnation et le rôle de Jésus vivant en Marie. Enfin, à l’age de 27 ans, c’est à l’autel actuel de la Sainte Vierge en l’église saint Sulpice dont on terminait la construction que je célèbre ma première messe le 5 juin 1700. « On eut dit un ange à l’autel» ont rapporté ceux qui assistaient à cette messe.
Vos cinq premières années de prêtrise ?
Après quelques tentatives de ministère paroissial à Nantes, je fus repris par mon désir de servir les pauvres : à l’hôpital général de Poitiers d’abord, puis à la Salpetrière à Paris et enfin, réclamé par les pauvres de Poitiers, je me suis remis à leur service. C’est alors que j’ai rencontré Marie Louise Trichet et qu’ensemble nous avons posé les premiers fondements de l’ordre des « sœurs de la Sagesse »,
Quelques missions prêchées dans les faubourgs de Poitiers m’ont attiré des jalousies de la part d’autres prêtres. Cela a conduit l’évêque à me demander de prendre le large… C’est alors que j’ai pris la décision d’aller à pied à Rome confier mon avenir au Pape, j’ai pu le rencontrer personnellement. Il me nomma « missionnaire apostolique », par une phrase claire et exigeante : « Vous avez, Monsieur,( terme réservé aux sulpiciens) un assez grand champ en France, pour exercer votre zèle ; n’allez point ailleurs, et travaillez toujours avec une parfaite soumission aux évêques dans les diocèses desquels vous serez appelé : Dieu par ce moyen en donnera bénédiction à vos travaux.
Il ne vous reste plus que dix ans à vivre …
À mon retour de Rome, je vais faire une retraite au mont Saint Michel, puis je m’intègre à une équipe de prêtres pour prêcher une mission à Montfort la Canne et dans la région. C’est la première fois que je revois mes parents et ma famille et dans quelles conditions ! Imaginez leur surprise de me voir arriver pour un déjeuner intime à la maison, accompagné de la foule de tous mes amis clochards, pauvres en haillons et « traîne-savates »…Pendant un an, je reste sédentaire dans un ancien prieuré à deux pas de Montfort avec deux Frères, nous prions et enseignons le catéchisme.
Le désir me prend d’aller prêcher dans la région de Nantes. C’est le début de toutes les grandes missions que je ne cesserai plus de donner jusqu’à ma mort. Je peux enfin mettre en pratique tout ce que j’ai appris et découvert :: réaffirmer les promesses faites au baptême, aller à Jésus par Marie, traduire en catéchèse les cantiques populaires (j’en ai composé autant que de kms à pied , soit 25 000 …), Ériger des calvaires, constituer des confréries mariales, créer des écoles pour enfants pauvres, brûler les mauvais livres, etc... Avant tout, je me suis donné comme ligne de conduite l’obéissance aux évêques comme me l’avait demandé le Pape : on me chassait souvent parce que je dérangeais ! je partais alors dans la paroisse ou le diocèse d’à côté, sans discuter. Une des brimades les plus pénibles à accepter fut la démolition du calvaire de Pontchâteau auquel j’avais travaillé avec 800 personnes pendant un an …
Au hasard de mes « expulsions » j’ai fini par me retrouver sur les terres de l’évêque de La Rochelle qui m’a fort bien accueilli dans sa rérégion Mes missions d’une durée de trois semaines chacune m’ont permis de « labourer » spirituellement une bonne parie de l’ouest de la FrFrance
N’avez-vous pas éprouvé une grande solitude tout au long de votre apostolat ?
Je dois reconnaître que j’en ai souffert toute ma vie de prêtre ! Dès le début de mon sacerdoce, j’ai rêvé de fonder un groupe de prédicateurs, dont j’ai précisé le profil dans « la prière embrasée ». Toutes les tentatives sont « tombées à l’eau » . Dans les dernières années de ma vie, je suis même parti pour Paris à pied, puis à Rouen pour rencontrer certains de mes meilleurs amis, persuadé qu’ils comprendraient l’urgence de constituer un groupe de gens prêts à tout risquer pour le Christ. Mais à part le Père mulot rencontré en 1715, j’ai dû accepter que ma prière ne soit pas entendue de mon vivant ni par mes amis, ni par le ciel !.
Totalement épuisé physiquement, je suis arrivé à Saint Laurent sur Sèvre en avril 1716 pour prêcher ma dernière retraite, c’est là que j’ai rendu mon âme à Dieu et que je suis enterré. L’église m’a béatifié en 1888 et Pie XII m’a déclaré saint en 1947.
Fondateur d’ordres ?
Trois ordres se réclament de moi :
- LA COMPAGNIE DE MARIE », dont les membres sont couramment appelés les « missionnaires Montfortains.».
Leur mission dans l'église consiste à révéler le mystère du salut à ceux qui ne le connaissent pas, à le faire redécouvrir et approfondir par ceux qui ont déjà entendu la Bonne Nouvelle dans une prise de conscience renouvelée du sens de leur engagement baptismal."
La Constitution précise que "Le caractère marial » de la Compagnie est un bien essentiel de la congrégation et Marie n'est pas présente de façon accidentelle dans la vie des missionnaires : la dévotion envers elle est partie intégrante de leur vie spirituelle et de leur apostolat. La « parfaite consécration » à Jésus par Marie est l'acte le plus marquant du caractère marial de leur inspiration."
Aujourd'hui la congrégation compte presque 1100 prêtres et frères coadjuteurs, qui poursuivent leur mission dans une trentaine de pays.
- Les « FILLES DE LA SAGESSE », co-fondées par moi-même et par Marie Louise de Jésus (M.L.Trichet). Cette congrégation est principalement hospitalière et enseignante.
-
- Les « FRÈRES DE SAINT GABRIEL »
Après la Révolution française, le Père Gabriel Deshayes, alors qu’il était Supérieur Général de la « Compagnie de Marie » (les Montfortains), donna corps à un groupe de Frères enseignants, avec lesquels il collaborait. Il les constitua en Congrégation religieuse séparée, mais totalement inspirée par la spiritualité et les idéaux de St. Louis Marie de Montfort.
Les grandes lignes de votre spiritualité ?
Au centre de notre foi il y a le Christ ressuscité qui est « la Sagesse incarnée », Cette « Sagesse » adopte chaque baptisé par un sacrement qui est le centre et la référence de tous nos engagements ultérieurs. Pour cette raison, mes missions s’articuleront principalement sur le renouvellement des promesses de notre baptême. Ma première prédication est « DIEU SEUL »
- Dieu a voulu que « la Sagesse» s’incarne et soit donnée au monde par l’intermédiaire de Marie. En retour, Dieu veut que l’homme rejoigne la « Sagesse » en passant par Marie. Ma deuxième prédication est « À JESUS PAR MARIE ».
- Le passage de l’évangile qui confirme cette certitude se passe au calvaire : le don que le Christ fait de sa Mère à saint Jean et le don de saint Jean à sa Mère. Il s’agit de son testament ultime.
- De façon très simple, pour bien comprendre le rôle de Marie envers chaque homme, je raconte à mes clochards l’histoire suivante :» un modeste manant, amoureux de son roi très célèbre et très puissant, voulait absolument lui offrir une simple pomme de son jardin. Très craintif, il ne savait pas comment y parvenir jusqu’au jour où il confia le fruit à la Reine très populaire et proche de tous ; elle pourrait en effet devenir la meilleure intermédiaire qu’il puisse trouver. Rien que par amour pour son épouse, le roi éprouva une joie immense en recevant cette pomme de ses mains. Ainsi agit Marie pour nous envers le Christ.
- Vivre en vérité, ce compagnonnage avec Marie repose sur la connaissance d’un grand secret, je le propose à ceux qui le désirent dans « le traité de la vraie dévotion à Marie »
;LES GRANDES OEUVRES ÉCRITES DU PÈRE DE MONTFORT
L’amour de la sagesse éternelle
Ce livre présente le contexte essentiel dans lequel ont été écrites toutes les autres œuvres de saint Louis marie. Il y parle de la relation entre Dieu et l’humanité en mettant l’accent en tout premier lieu sur l’amour de Dieu pour l’humanité et sur le dessein qu’il forma de lui épargner les suites du pêché. À l’aide de nombreux textes des livres sapientiaux de l’ancien testament , le saint médite sur le désir extraordinaire de Dieu d’aimer l’humanité et d’en être aimé. Après saint Paul et saint Jean , il considère le Sauveur Jésus Christ comme l’incarnation de la Sagesse divine et applique à Jésus Christ le titre de « Sagesse éternelle et incarnée »- la Sagesse éternelle « mentionnée dans le titre du livre désigne donc Jésus Christ lui-même . Dans sa considération de l’amour de Dieu pour l’humanité, saint Louis Marie souligne que c’est la mort du Christ sur la croix qui manifeste le plus cet amour.
Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge
Ce livre est probablement celui qui a fait le plus connaître saint Louis-Marie de Montfort. Il conviendrait cependant de le lire dans le contexte de L'Amour de la Sagesse Eternelle car il y dit clairement qu’une tendre dévotion à la Sainte Vierge" n'est qu'un moyen (le plus puissant, c'est vrai) d'acquérir et préserver la divine Sagesse.
Dans le Traité de la Vraie Dévotion saint Louis-Marie présente sa doctrine sur la dévotion à Marie en général, et propose une forme de dévotion particulière qui requiert une donation totale ou consécration de soi-même à Jésus par les mains de Marie. Dans la première partie du livre saint Louis-Marie démontre que la dévotion à Marie n'est pas une fin en soi. Elle reste toujours un moyen de mieux se consacrer au service de Jésus-Christ. Il déclare cependant que c'est un moyen nécessaire à cette fin, et que c'est même le moyen le plus sûr de réaliser ce but. Il considère les qualités de ce qu'il appelle "vraie" (authentique) dévotion à Marie par opposition aux fausses dévotions. Et il précise bien qu'il peut exister différentes sortes de "vraie" dévotion à la Sainte Vierge. Cependant, à partir de son expérience et de ses lectures, il affirme avoir trouvé une forme de dévotion à Marie qui assure plus efficacement que tout autre la réalisation du but, qui est de nous rapprocher du Christ Jésus.
La forme de dévotion dont il parle (et qu'il invite sérieusement ses lecteurs à embrasser) consiste à se donner complètement à Jésus-Christ par les mains de Marie. Il appelle cette donation totale "consécration", et il prend bien soin d'expliquer que même si on peut parler de "consécration à Marie", il faut bien comprendre qu'il s'agit simplement d'une étape de la "consécration à Jésus-Christ". Dans le reste du livre, l'auteur explique ce que cette consécration entraîne dans la pratique, et décrit les effets qu'elle opère chez les personnes qui la font ; tout cela dans le but de nous encourager à embrasser cette dévotion. Il considère aussi les diverses "pratiques" de dévotion, qu'il appelle pratiques "intérieures" et pratiques "extérieures", destinées à nous aider à vivre cette dévotion. Entre autres pratiques extérieures, il signale la récitation du rosaire, qu'il développe plus amplement dans Le Secret Admirable du Saint Rosaire.
À l’époque où vivait saint Louis-Marie, (et avant lui), cette forme de dévotion à Marie était connue sous le nom de "Saint Esclavage", et il s'attarde sur l’explication du sens de cette expression ; il affirme que, bien loin d'être une forme d'esclavage de contrainte, il s'agit d'un "esclavage d'amour". Pour remplacer cette expression, qui peut heurter notre mentalité actuelle, il est assez facile d'en trouver d'autres qui soient mieux adaptées à notre époque.
Dans une autre œuvre, Le Secret de Marie, saint Louis-Marie présente sensiblement la même doctrine que celle du Traité de la Vraie Dévotion mais sous une forme succincte.
Le Secret de Marie
Le Secret de Marie présente, sous une forme succincte, sensiblement la même doctrine que celle du « Traité de la Vraie Dévotion », mais le livre contient aussi une section sur l'"Arbre de Vie". On a l'impression que le livre a été écrit à l'intention d'un ou plusieurs membres d'une Congrégation religieuse. Le titre indique la manière dont saint Louis-Marie présente son sujet : il veut révéler un "secret" de sainteté, ou un "secret" du bonheur, et ce "secret" se trouve en Marie, et en particulier dans la dévotion qu'il propose dans le livre.
Comme dans le Traité de la Vraie Dévotion, la première partie du livre porte sur la "nécessité" d'une dévotion authentique à Marie, Mère de Dieu, pour parvenir à la vraie connaissance du Christ et à l'union avec lui. Il répète que cette dévotion à Marie n'est qu'un moyen d'arriver au but et non pas une fin en soi ; elle est nécessaire uniquement parce que Dieu lui-même a voulu faire de Marie le moyen de se révéler en Jésus-Christ.
Dans la deuxième partie du livre, saint Louis-Marie considère brièvement plusieurs formes de dévotion authentique à Marie avant de présenter "la pratique parfaite de dévotion à Marie", pratique qu'il dit être "inconnue de beaucoup et pratiquée seulement par quelques personnes". Il dit que cette parfaite dévotion consiste à "se donner tout entier en qualité d'esclave à Marie et à Jésus par elle ; ensuite à faire toute chose avec Marie, en Marie, par Marie et pour Marie", et il appelle cette donation de soi une "consécration". Il examine ensuite les conséquences de ce don de soi, et explique ce qu'il entend par agir en tout "avec Marie, en Marie, par Marie et pour Marie".
À la fin du livre, en guise d'annexe, se trouvent deux prières très belles : une Prière à Jésus et une Prière à Marie, avec un symbole de cette forme de dévotion qu'il appelle "L'Arbre de Vie".
Le contenu du Secret de Marie est succinct et il le développe bien plus en détail dans le Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge.
Lettre Circulaire aux Amis de la Croix
La Lettre Circulaire aux Amis de la Croix est en grande partie une méditation sur ces paroles de Jésus-Christ :
"Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive" (Mt 16, 24 ; Lc 9, 23).
La lettre s'adresse aux membres d'une association qu'il semble avoir établie en différents endroits au cours de ses missions ; elle présente le renoncement exigé par le Christ comme un moyen nécessaire, utile et glorieux pour devenir vrai disciple du Christ. Saint Louis-Marie fixe des "règles" pratiques pour transformer nos souffrances, pénitences et mortifications en véritable "imitation du Christ". Il serait peut-être bon de lire ce livre en se reportant à ce que dit le saint dans L'Amour de la Sagesse Eternelle à propos de la mortification universelle, troisième moyen d'acquérir la divine Sagesse.
Méthodes pour réciter le Rosaire
Comme on pourrait s'y attendre de la part d'un missionnaire du peuple, saint Louis-Marie voulait faire de son livre Le Secret Admirable du Très Saint Rosaire un instrument de son apostolat. Dans ce but, il y ajouta trois méthodes pour réciter le Rosaire, dont une qu'il avait composée pour les Filles de la Sagesse. Dans son Livre des Sermons, il en donne deux autres qu'on peut trouver dans "Oeuvres complètes de saint Louis-Marie Grignion de Montfort". Dans les Oeuvres complètes, l'appendice qui suit Méthodes pour réciter le Rosaire présente des citations d'autres auteurs que saint Louis-Marie reproduit mot à mot ; elles concernent Les Règles principales de la Confrérie du Saint Rosaire, la puissance et la dignité du Rosaire, et la dignité de l'Ave Maria.
Le Secret Admirable du Très Saint Rosaire
L'un des plus glorieux vocables conférés à saint Louis-Marie ("le prêtre au grand chapelet") est celui d'"Apôtre de la Croix et du Saint Rosaire". Le Rosaire occupait une place importante dans sa vie spirituelle et son apostolat. Le Secret du Très Saint Rosaire (comme on l'appelle parfois) est une œuvre moins personnelle que ses autres livres, car il y démontre la valeur d'une pratique de dévotion particulière (dont il parle aussi dans le Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge, entre autres), et il fait aussi de larges emprunts à beaucoup d'autres auteurs.
Comme il était avant tout un missionnaire du peuple, surtout auprès des pauvres et des délaissés, il se mit en devoir de renouveler parmi eux l'esprit du christianisme, et il croyait pouvoir réaliser ce but en leur inculquant la dévotion à Marie, seule capable de les conduire à Jésus et d'en faire des saints. Il croyait que le Rosaire était un secret merveilleux pour arriver à la connaissance de Marie et, par elle, trouver Jésus. Il établit la dévotion au Rosaire partout où il prêchait et le faisait réciter publiquement chaque jour pendant ses missions. Ce livre, qui n'a pas été publié de son vivant, était certainement destiné aux personnes de tous les milieux, comme l'indiquent clairement les "Petites Roses" de l'introduction. Le texte du livre est divisé en dizaines (comme le Rosaire) ; chacune est composée de dix "roses". L'auteur y trace l'origine de cette forme de dévotion et décrit l'atmosphère miraculeuse dans laquelle elle se développa au cours des siècles. Vivement conscient des critiques que susciteront ses récits, il fait remarquer simplement qu'il les a empruntées à des auteurs de renom. Dans les autres sections du livre, il parle de la puissance et de l'efficacité du Rosaire, des prières qui le composent, de la beauté et de l'utilité des méditations qui devraient en accompagner la récitation. Il indique la manière de réciter le Rosaire "dignement" et termine en indiquant des Méthodes pour réciter le Rosaire.
La Prière Embrasée
Peu après son ordination saint Louis-Marie de Montfort rêva d'"une petite compagnie de prêtres" voués à la prédication de missions aux pauvres sous l'étendard de la Sainte Vierge. Les années passèrent et il redoubla alors ses efforts pour s'assurer des recrus qui s'adonneraient à cette tâche. La prière qu'il composa lui-même, probablement vers la fin de sa vie, et qui porte le nom de "Prière Embrasée", est un cri du cœur qu'il adresse à Dieu pour qu'il réalise son rêve. La prière décrit le genre d'"apôtres" qu'il recherche et qui dans sa vision de l'avenir seront particulièrement nécessaires lors de l'époque qu'il appelle dans le Traité de la Vraie Dévotion (Nos 35, 45-58) les "derniers temps".
La Prière Embrasée, la Règle des Prêtres Missionnaires de la Compagnie de Marie, et la Lettre aux Associés de la Compagnie de Marie constituent une sorte de triptyque dont s'inspirent aujourd'hui la Règle et les Constitutions de la Compagnie de Marie.
Lettre Circulaire aux habitants de Montbernage
Après avoir été relevé de ses fonctions d'aumônier à l'Hôpital Général de Poitiers, saint Louis-Marie se mit à prêcher des missions dans la ville et les faubourgs. Au début il prêcha surtout dans les quartiers populaires comme Montbernage. Le grand succès de sa prédication fut immédiat, mais il suscita aussi une vive opposition, surtout de la part du Vicaire Général. Pour préserver la paix, l'évêque du lieu jugea bon de sacrifier Louis-Marie et celui-ci dut quitter Poitiers au début du Carême de 1706. Avant de quitter la ville et de partir faire un pèlerinage à Rome pour consulter le Pape, il écrivit une lettre circulaire aux paroissiens des quartiers où il avait prêché, et l’on appelle cette lettre Circulaire aux Habitants de Montbernage. Dans sa lettre, il encourage les habitants à se montrer fidèles à toutes les promesses qu'ils ont faites pendant ses missions, et leur demande de prier pour lui à un moment qu'il trouve particulièrement difficile.
Le Contrat d'Alliance avec Dieu
Dans toutes ses missions saint Louis-Marie avait pour but de "raviver l'esprit du christianisme par le renouvellement des promesses du baptême" (selon son premier biographe Joseph Grandet). Grandet ajoute : "Et pour les aider dans leur entreprise, il fit imprimer une formule, et à ceux qui savaient lire, il demandait de la signer" au cours d'une cérémonie spéciale qui marquait le temps fort de la mission. Dans le Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge saint Louis-Marie décrit la consécration qu'il propose comme un "parfait renouvellement des vœux du baptême".
On a conservé jusqu'à ce jour quatre exemplaires du Contrat d'Alliance avec Dieu. Deux d'entre eux sont reproduits, avec de légères modifications, dans Oeuvres complètes de saint Louis-Marie Grignion de Montfort.
Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge
Ce livre est probablement celui qui a fait le plus connaître saint Louis-Marie de Montfort. Il conviendrait cependant de le lire dans le contexte de L'Amour de la Sagesse Eternelle car il y dit clairement qu’une tendre dévotion à la Sainte Vierge" n'est qu'un moyen (le plus puissant, c'est vrai) d'acquérir et préserver la divine Sagesse.
Dans le Traité de la Vraie Dévotion saint Louis-Marie présente sa doctrine sur la dévotion à Marie en général, et propose une forme de dévotion particulière qui requiert une donation totale ou consécration de soi-même à Jésus par les mains de Marie. Dans la première partie du livre saint Louis-Marie démontre que la dévotion à Marie n'est pas une fin en soi. Elle reste toujours un moyen de mieux se consacrer au service de Jésus-Christ. Il déclare cependant que c'est un moyen nécessaire à cette fin, et que c'est même le moyen le plus sûr de réaliser ce but. Il considère les qualités de ce qu'il appelle "vraie" (authentique) dévotion à Marie par opposition aux fausses dévotions. Et il précise bien qu'il peut exister différentes sortes de "vraie" dévotion à la Sainte Vierge. Cependant, à partir de son expérience et de ses lectures, il affirme avoir trouvé une forme de dévotion à Marie qui assure plus efficacement que tout autre la réalisation du but, qui est de nous rapprocher du Christ Jésus.
La forme de dévotion dont il parle (et qu'il invite sérieusement ses lecteurs à embrasser) consiste à se donner complètement à Jésus-Christ par les mains de Marie. Il appelle cette donation totale "consécration", et il prend bien soin d'expliquer que même si on peut parler de "consécration à Marie", il faut bien comprendre qu'il s'agit simplement d'une étape de la "consécration à Jésus-Christ". Dans le reste du livre, l'auteur explique ce que cette consécration entraîne dans la pratique, et décrit les effets qu'elle opère chez les personnes qui la font ; tout cela dans le but de nous encourager à embrasser cette dévotion. Il considère aussi les diverses "pratiques" de dévotion, qu'il appelle pratiques "intérieures" et pratiques "extérieures", destinées à nous aider à vivre cette dévotion. Entre autres pratiques extérieures, il signale la récitation du rosaire, qu'il développe plus amplement dans Le Secret Admirable du Saint Rosaire.
À l’époque où vivait saint Louis-Marie, (et avant lui), cette forme de dévotion à Marie était connue sous le nom de "Saint Esclavage", et il s'attarde sur l’explication du sens de cette expression ; il affirme que, bien loin d'être une forme d'esclavage de contrainte, il s'agit d'un "esclavage d'amour". Pour remplacer cette expression, qui peut heurter notre mentalité actuelle, il est assez facile d'en trouver d'autres qui soient mieux adaptées à notre époque.
Dans une autre œuvre, Le Secret de Marie, saint Louis-Marie présente sensiblement la même doctrine que celle du Traité de la Vraie Dévotion mais sous une forme succincte.
Le Secret de Marie
Le Secret de Marie présente, sous une forme succincte, sensiblement la même doctrine que celle du « Traité de la Vraie Dévotion », mais le livre contient aussi une section sur l'"Arbre de Vie". On a l'impression que le livre a été écrit à l'intention d'un ou plusieurs membres d'une Congrégation religieuse. Le titre indique la manière dont saint Louis-Marie présente son sujet : il veut révéler un "secret" de sainteté, ou un "secret" du bonheur, et ce "secret" se trouve en Marie, et en particulier dans la dévotion qu'il propose dans le livre.
Comme dans le Traité de la Vraie Dévotion, la première partie du livre porte sur la "nécessité" d'une dévotion authentique à Marie, Mère de Dieu, pour parvenir à la vraie connaissance du Christ et à l'union avec lui. Il répète que cette dévotion à Marie n'est qu'un moyen d'arriver au but et non pas une fin en soi ; elle est nécessaire uniquement parce que Dieu lui-même a voulu faire de Marie le moyen de se révéler en Jésus-Christ.
Dans la deuxième partie du livre, saint Louis-Marie considère brièvement plusieurs formes de dévotion authentique à Marie avant de présenter "la pratique parfaite de dévotion à Marie", pratique qu'il dit être "inconnue de beaucoup et pratiquée seulement par quelques personnes". Il dit que cette parfaite dévotion consiste à "se donner tout entier en qualité d'esclave à Marie et à Jésus par elle ; ensuite à faire toute chose avec Marie, en Marie, par Marie et pour Marie", et il appelle cette donation de soi une "consécration". Il examine ensuite les conséquences de ce don de soi, et explique ce qu'il entend par agir en tout "avec Marie, en Marie, par Marie et pour Marie".
À la fin du livre, en guise d'annexe, se trouvent deux prières très belles : une Prière à Jésus et une Prière à Marie, avec un symbole de cette forme de dévotion qu'il appelle "L'Arbre de Vie".
Le contenu du Secret de Marie est succinct et il le développe bien plus en détail dans le Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge.
Lettre Circulaire aux Amis de la Croix
La Lettre Circulaire aux Amis de la Croix est en grande partie une méditation sur ces paroles de Jésus-Christ :
"Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive" (Mt 16, 24 ; Lc 9, 23).
La lettre s'adresse aux membres d'une association qu'il semble avoir établie en différents endroits au cours de ses missions ; elle présente le renoncement exigé par le Christ comme un moyen nécessaire, utile et glorieux pour devenir vrai disciple du Christ. Saint Louis-Marie fixe des "règles" pratiques pour transformer nos souffrances, pénitences et mortifications en véritable "imitation du Christ". Il serait peut-être bon de lire ce livre en se reportant à ce que dit le saint dans L'Amour de la Sagesse Eternelle à propos de la mortification universelle, troisième moyen d'acquérir la divine Sagesse.
Méthodes pour réciter le Rosaire
Comme on pourrait s'y attendre de la part d'un missionnaire du peuple, saint Louis-Marie voulait faire de son livre Le Secret Admirable du Très Saint Rosaire un instrument de son apostolat. Dans ce but, il y ajouta trois méthodes pour réciter le Rosaire, dont une qu'il avait composée pour les Filles de la Sagesse. Dans son Livre des Sermons, il en donne deux autres qu'on peut trouver dans "Oeuvres complètes de saint Louis-Marie Grignion de Montfort". Dans les Oeuvres complètes, l'appendice qui suit Méthodes pour réciter le Rosaire présente des citations d'autres auteurs que saint Louis-Marie reproduit mot à mot ; elles concernent Les Règles principales de la Confrérie du Saint Rosaire, la puissance et la dignité du Rosaire, et la dignité de l'Ave Maria.
Le Secret Admirable du Très Saint Rosaire
L'un des plus glorieux vocables conférés à saint Louis-Marie ("le prêtre au grand chapelet") est celui d'"Apôtre de la Croix et du Saint Rosaire". Le Rosaire occupait une place importante dans sa vie spirituelle et son apostolat. Le Secret du Très Saint Rosaire (comme on l'appelle parfois) est une œuvre moins personnelle que ses autres livres, car il y démontre la valeur d'une pratique de dévotion particulière (dont il parle aussi dans le Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge, entre autres), et il fait aussi de larges emprunts à beaucoup d'autres auteurs.
Comme il était avant tout un missionnaire du peuple, surtout auprès des pauvres et des délaissés, il se mit en devoir de renouveler parmi eux l'esprit du christianisme, et il croyait pouvoir réaliser ce but en leur inculquant la dévotion à Marie, seule capable de les conduire à Jésus et d'en faire des saints. Il croyait que le Rosaire était un secret merveilleux pour arriver à la connaissance de Marie et, par elle, trouver Jésus. Il établit la dévotion au Rosaire partout où il prêchait et le faisait réciter publiquement chaque jour pendant ses missions. Ce livre, qui n'a pas été publié de son vivant, était certainement destiné aux personnes de tous les milieux, comme l'indiquent clairement les "Petites Roses" de l'introduction. Le texte du livre est divisé en dizaines (comme le Rosaire) ; chacune est composée de dix "roses". L'auteur y trace l'origine de cette forme de dévotion et décrit l'atmosphère miraculeuse dans laquelle elle se développa au cours des siècles. Vivement conscient des critiques que susciteront ses récits, il fait remarquer simplement qu'il les a empruntées à des auteurs de renom. Dans les autres sections du livre, il parle de la puissance et de l'efficacité du Rosaire, des prières qui le composent, de la beauté et de l'utilité des méditations qui devraient en accompagner la récitation. Il indique la manière de réciter le Rosaire "dignement" et termine en indiquant des Méthodes pour réciter le Rosaire.
La Prière Embrasée
Peu après son ordination saint Louis-Marie de Montfort rêva d'"une petite compagnie de prêtres" voués à la prédication de missions aux pauvres sous l'étendard de la Sainte Vierge. Les années passèrent et il redoubla alors ses efforts pour s'assurer des recrus qui s'adonneraient à cette tâche. La prière qu'il composa lui-même, probablement vers la fin de sa vie, et qui porte le nom de "Prière Embrasée", est un cri du cœur qu'il adresse à Dieu pour qu'il réalise son rêve. La prière décrit le genre d'"apôtres" qu'il recherche et qui dans sa vision de l'avenir seront particulièrement nécessaires lors de l'époque qu'il appelle dans le Traité de la Vraie Dévotion (Nos 35, 45-58) les "derniers temps".
La Prière Embrasée, la Règle des Prêtres Missionnaires de la Compagnie de Marie, et la Lettre aux Associés de la Compagnie de Marie constituent une sorte de triptyque dont s'inspirent aujourd'hui la Règle et les Constitutions de la Compagnie de Marie.
Lettre Circulaire aux habitants de Montbernage
Après avoir été relevé de ses fonctions d'aumônier à l'Hôpital Général de Poitiers, saint Louis-Marie se mit à prêcher des missions dans la ville et les faubourgs. Au début il prêcha surtout dans les quartiers populaires comme Montbernage. Le grand succès de sa prédication fut immédiat, mais il suscita aussi une vive opposition, surtout de la part du Vicaire Général. Pour préserver la paix, l'évêque du lieu jugea bon de sacrifier Louis-Marie et celui-ci dut quitter Poitiers au début du Carême de 1706. Avant de quitter la ville et de partir faire un pèlerinage à Rome pour consulter le Pape, il écrivit une lettre circulaire aux paroissiens des quartiers où il avait prêché, et l’on appelle cette lettre Circulaire aux Habitants de Montbernage. Dans sa lettre, il encourage les habitants à se montrer fidèles à toutes les promesses qu'ils ont faites pendant ses missions, et leur demande de prier pour lui à un moment qu'il trouve particulièrement difficile.
Le Contrat d'Alliance avec Dieu
Dans toutes ses missions saint Louis-Marie avait pour but de "raviver l'esprit du christianisme par le renouvellement des promesses du baptême" (selon son premier biographe Joseph Grandet). Grandet ajoute : "Et pour les aider dans leur entreprise, il fit imprimer une formule, et à ceux qui savaient lire, il demandait de la signer" au cours d'une cérémonie spéciale qui marquait le temps fort de la mission. Dans le Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge saint Louis-Marie décrit la consécration qu'il propose comme un "parfait renouvellement des vœux du baptême".
On a conservé jusqu'à ce jour quatre exemplaires du Contrat d'Alliance avec Dieu. Deux d'entre eux sont reproduits, avec de légères modifications, dans Oeuvres complètes de saint Louis-Marie Grignion de Montfort.





