La vie apostolique de Montfort est si riche en évènements de tous genres qu'il est difficile d'en organiser le déroulement selon des critères hiérarchiques
Comme nous venons de vivre le 6 juin dernier l'anniversaire de l'envoi en mision de Montfort par Clément XI, il a paru souhaitable d'ouvrir un chapître, régulièrement tenu à jour :
« Il y a trois cent ans ».
Ainsi, missions après missions, nous suivrons saint Louis Marie au cours de ses pérégrinations de paroisses en paroisses
Photo: Montfort assiste les pauvres (bas relief à la maison natale)
Il est reçu à Rome le 6 juin 1706, nommé missionnaire apostolique il exercera cette fonction pendant les dix années qui lui restent à vivre avant de mourir à saint Laurent sur Sèvre le 28 avril 1716.
Photo : portant un mourant dans ses bras, Montfort frappe à la porte en disant :"ouvrez à Jésus Christ". (Maison natale à Montfort sur Meu)
Poitiers, Fontevrault, Saumur
Le prêtre diocésain qu'était alors Louis Marie Grignion va donc commencer à son retour de Rome, la véritable mission que lui donne officiellement l'Eglise. A peine parvenu le 25 août 1706 à Poitiers d'où il était parti, Louis-Marie reçoit dans les 24 heures un ordre épiscopal de quitter le diocèse. Il se retire dans le diocèse voisin pour une retraite spirituelle de 8 jours.
Accompagné de celui qui deviendra son fidèle collaborateur le frère Mathurin, il fait étape à l'abbaye de Fontevrault où sa sœur Sylvie était religieuse converse.
À la conciergerie, il demande la charité « pour l'amour de Dieu » refusant de se nommer, même à l'abbesse qui éxédée, le renvoie... En récréation, les religieuses entendirent conter cette aventure avec la description de la physionomie du prêtre inconnu au long nez !
Mais c'est mon frère s'écria Sylvie !
On fit chercher Montfort, avec mille excuses et une invitation à laquelle il répondit :
»Madame l'Abbesse n'a pas voulu me faire la charité pour l'amour de Dieu. Maintenant elle me l'offre pour l'amour de moi . Je la remercie sans lui donner suite
De pauvres gens de la campagne les hébergèrent.
A l'entrée de Saumur, au bord de la Loire, ils prièrent longuement au sanctuaire de Notre Dame des Ardilliers. Puis, dans la ville, Montfort rencontra Jeanne Delanoue, fondatrice des sœurs de sainte Anne de la Providence de Saumur, qu'elle était vraiment conduite par l'Esprit Saint, même si ses pénitences effrayaient la communauté.
A Rennes de passage à l'hopital il est reconnu par un pauvre qui dévoile son identité. Sa proche famille qui ne l'a pas rfevu depuis 13 ans l'invite à la maison, il s'y rend comme pauvre accompagné de nombreux vagabonds.
En route pour Dinan il traverse Montfort la Canne et souhaite passer la nuit chez sa vielle nourice , la Mère « Andrée » , le Père Mathurin envoyé en éclaireur s'entend répondre : » on ne reçoit pas des inconnus » . Un pauvre habitant du hameau les accuielle partageant son pain et son eau. Mise au courant de l'identité du « vagabon » mère Andrée est tout en émoi... Elle s'entend répondre :
« Mère Andrée, Mère Andrée, si je vous avais demandé le couvert en mon nom, vous me l'auriez accordé . Je vous l'ai demandé au nom de Jésus Christ , votre Dieu et le mien et vous me l'avez refusé.C''est une grande faute que vous commise, non pas contre moi, mais contre Jésus Christ.
Il séjourne à Dinan et ramasse un pauvre dans le ruisseau après le couvre-feu ; frappant à la porte d'une maison il cri : « ouvrez la porte à Jésus Christ »
Photo : Montfort fait des reproches à son ancienne nourrice , Mère Andrée. (bas relief à la maison natale)
Une bonne leçon "à la Montfort" à des religieuses de Saint Brieux
Désireux de retourner dans son pays natal, après de nombreuses années d'absence, Montfort se demande comment "négocier" cette redoutable phrase de l'Evangile "Nul n'est prophète en son pays". Malgré cette sentence, il espère bien obtenir de nombreuses conversions au cours de la retraite qu'il se propose de prêcher.
Il décide de se comporter à Montfort comme un étranger qui n'y aurait jamais eu de parents sur place... C'était sans compter les indiscrétions qui incitèrent ses deux parents à quitter Rennes où ils habitaient, pour venir rejoindre leur fils afin de l'héberger et de le nourrir.
Bien entendu Louis-Marie trouve une petite pièce abandonnée, perdue dans la forêt. Quant à la nourriture ils prévient ses parents qu'il reffusera pain, vin, viande et que, s'ils insistent, ce sera "retour à l'envoyeur" parce que, comme d'habitude, il voulait s'en remettre totaalement à la Providence. Il ne considérait pas que les cadeaux de ses parents puissent en faire partie !
C'est ainsi que tous les pauvres de la ville et de la région furent abondamment nourris . Un foule nombreuse participa aux exercices et les fruits spirituels furent considérables.
Monsieur de Montfort vient à Nantes au début de l'année 1708 où, avec le consentement de l'évêque, il s'associe avec le Père Joubart, jésuite, homme de grand talent pour précher les mission.
Monsieur de Montfort prèche alors avec véhémence contre tous les vices de chaque état de vie. Il se met ainsi à dos des "scélérats" qui s'unissent à des écoliers et ils font le projet de le tuer. Dans ce but, ils l'attendent un soir sur le chemin sur lequel il doit passer . Montfort en est averti mais il ne change pas pour autant ses projets.
Ces misérables l'ayant aperçu se jettent sur lui avec fureur . Le peuple, voyant qu'ils voulaient l'assassiner, le retira de leurs mains, poursuivant les voyoux à coup de pierre et avec des bâtons.
Monsieur de Montfort voyant que les écoliers étaient en grand danger dans ce groupe de scélérats, alla devant ceux qui le défendaient et leur dit :" mes chers enfants, ne leur faites point de mal , laissez les en paix , ils sont plus à plaindre que vous et moi" Il apaisa ainsi ceux qui voulaient le défendre !
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En 1708, Monsieur de Montfort vient à Nantes pour s'associer au Père Joubart, Jésuite, prédicateur de réputation
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LORSQUE LE CALENDRIER DU CIEL
REJOINT CELUI DE LA TERRE ...
On dit souvent qu'il est aisé de trop faire parler les dates et d' y trouver des coïncidences , on ne sait trop jusqu'où ne pas aller !
A ce sujet, la vie de Jean Paul II nous révèle quelques « clins d'oeil » du Ciel. L'intéressé y a parfois souscrit lui-même ...
16 Octobre 1978 : Le jour de sa fête liturgique, sainte Edwige, Reine de Pologne, conduit sur le siège épiscopal de Rome. l'Evêque de la cathédrale de Cracovie où elle est enterrée,
13 Mai 1981 : l' attentat contre Jean Paul II sur la place saint Pierre a lieu le jour anniversaire des apparitions de Fatima. « Une main a tiré la balle une autre l'a guidée » précise Jean-Paul II
2 avril 2005 : Jean Paul II quitte cette terre aux premières veilles du dimanche de la Miséricorde dont il avait lui-même institué la fête 5 années avant.
Le Père de Montfort a-t-il marqué le calendrier terrestre de Jean Paul II ?
A deux reprises probablement ! Au moment où la liturgie de l'Eglise célèbre la naissance au ciel de saint Louis Marie, le 28 Avril, jour de sa fête.
1) le 28 avril 1994 :
Jean Paul II tombe dans sa salle de bains et se fracture le col du fémur. Une opération mal réussie transforme le sportif d'hier en un handicapé à vie qui ne quittera plus sa canne pour marcher.
Lors d'une mission à Valette en Loire Atlantique où, contrairement aux habitudes, il était cordialement accueilli, le Père de Montfort s'esclame: « quelle croix ! Ici il n'y a pas de croix ! » Il est souvent réputé pour accompagner son intercession, de croix purificatrices...
Comment Jean Paul II a-t-il accueilli cette nouvelle croix que représentait sa chute ?
Il donne une réponse très claire, place saint Pierre, lors du « Regina Coeli » du dimanche 29 mai suivant, en évoquant cet accident précis :
"J'ai compris que je dois faire entrer l'Eglise du Christ dans ce troisième millénaire par la prière, par différentes initiatives. Mais j'ai vu que cela ne suffisait pas ... Il fallait y entrer avec la souffrance, avec l'attentat d'il y a 13 ans et AVEC CE NOUVEAU SACRIFICE »
2) Le 28 avril 2005 :
L' Exclamation « santo subito » jaillie du cœur de la foule lors des obsèques de Jean Paul II a été entendue par le nouveau Pape Benoît XVI.
Il revenait, selon les usages, au Cardinal Ruini, « Evêque Vicaire du diocèse de Rome » de rencontrer le Saint Père pour lui soumettre officiellement la demande de dérogation pour le lancement du procès en béatification, avant l'échéance des cinq années réglementaires. On imagine aisément la surcharge du calendrier de Benoit XVI dans de telles circonstances ! Le premier créneau disponible a été le 28 avril. Ce fut la date du point de départ de cette période qui conduira probablement à la canonisation de Jean Paul II.
Faut-il relier cette date à la fête de Celui à qui il avait emprunté sa devise « Totus tuus » Grignion de Montfort ?
Bertrand Lemaire
mail : renardiere@wanadoo.fr
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- Année du procès en béatification de Jean-Paul II au cours de laquelle se révèleront les «maîtres spirituels» de Jean-Paul II, dont le Père de Montfort.
- Année du troisième centenaire de l'envoi en mission par Clément XI de Grignion de Montfort comme «Missionnaire apostolique». (6 juin 1706 / 6 juin 2006).
- Année du dixième anniversaire du pèlerinage de Jean-Paul II au tombeau du Père de Montfort. (19 septembre 1996 / 19 septembre 2006).
Photo : Jean Paul II à St Laurent sur Sèvre le 19.sept 1996.
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